La tragédie au Kenya renforce la nécessité du TCA
May 18, 2015

Le 2 Avril, le Kenya a connu sa pire attaque terroriste depuis près de 20 ans. La mise à mort inutile par des membres de l’Al Shabaab démontre clairement la nécessité de poursuivre les efforts pour contrôler les flux d’armes et réduire la violence armée.

« Les attaques de Garissa montrent une fois de plus que la violence armée n’est pas simplement un mot que nous utilisons dans les discours à l’ONU pour inciter les gouvernements à agir. Jeudi, 147 personnes sont mortes dans l’espace de quelques heures. Ce sont 147 histoires qui ne se dérouleront jamais. Nous gardons en mémoire chacun d’entre eux dans notre travail persistant dans la prévention de la violence armée dans le monde », a déclaré Mme Amran Abdundi, Directrice exécutive de Frontier Indigenous Network, basée dans la partie nord du Kenya. Elle a ajouté, « une personne meurt de la violence armée toutes les minutes, mais lorsque ces minutes défilent aussi rapidement que sur le campus de l’Université de Garissa, ce fait prend toute son ampleur. Nos pensées vont vers ceux qui ont perdu la vie ce jour-là. »

Il est largement soupçonné qu’Al Shabab se procure des armes par le biais de détournements. Un rapport confidentiel du Groupe de contrôle de la Somalie de l’Érythrée qui a fuité à Reuters l’année dernière a indiqué des « violations systématiques » qui ont permis le détournement. Le rapport indique qu’il y avait « un certain nombre de questions et de préoccupations sur la gestion actuelle des armes et des stocks de munitions par le gouvernement fédéral de la Somalie (FGS), ce qui indique des violations systématiques et de haut niveau dans la gestion et la distribution d’armes et de munitions. »

Des scénarios de ce genre sont précisément les raisons pour lesquelles les dispositions sur le détournement ont été incorporées dans le Traité sur le commerce des armes. La disposition oblige les États parties à prendre des mesures pour empêcher les détournements. Les exportateurs doivent évaluer le risque de détournement ainsi qu’envisager des mesures pour les empêcher, tandis que l’importateur et l’État de transit sont tenus de partager des informations pertinentes et de garantir quel est le receveur d’armes et comment celles-ci seront utilisées.

Toutefois, à ce stade, Djibouti reste le seul pays de la région d’Afrique de l’Est à avoir signé le TCA. Aucun n’a ratifié ou n’a adhéré alors que le Kenya a joué un rôle de leadership au cours du processus de négociation à l’Organisation des Nations Unies.

Contrôlez les armes est en partenariat avec PAX et CPS-AVIP pour accueillir une réunion à Nairobi cette semaine afin de promouvoir l’universalisation dans la sous-région. La réunion tendra essentiellement à informer les intervenants clés du gouvernement sur la valeur du TCA et à donner des mesures concrètes pour lutter contre le commerce irresponsable des armes à la base. À l’occasion de la tragédie qui a frappé l’Université de Garissa, la réunion portera une attention évidente au Kenya.

Contrôlez les armes espère que la prochaine réunion sera un cri de ralliement pour les gouvernements de la Corne de l’Afrique qui renouvèlera leur objectif de résolution dans la lutte contre le commerce irresponsable des armes.

« Le Kenya était un meneur tout au long du processus du TCA. Sans eux, le Traité aurait pu être très différent. Maintenant que nous l’avons, ils ont été silencieux pendant plus de deux ans. Les atrocités comme Garissa, Mandera et Westgate montrent que le temps où l’on retarde le processus est depuis trop longtemps dépassé », a déclaré Abjata Khalif, président du Réseau Pajan Kenya et journaliste qui a couvert l’attaque terroriste à Garissa.